Arabcin's Magazine
Areen
No.26 December 2001

MUSÉES, INSTITUTS D'ARCHÉOLOGIE
ASSOCIATIONS ET BIBLIOTHÉQUES
A AL-QODS

 
 
Les Musées
Le Musée le plus important à Al-Qods est le Musée Palestinien des anti-quités (ex-Musée Rockfeller). Il fut créé grâce aux dons du milliardaire amèricain J.D. Rockfeller qui a octroyé, en 1927, deux millions de dollars dont un demi-million fut destiné aux travaux de construction et un autre demi-million à l'acquisition des meubles et des livres. Le million de dol-lars qui restait fut déposé et bloqué dans la Banque d'Angleterre afin que les intérêts puissent couvrir les dépenses nécessaires à la gestion du Musée. Celui-ci ouvrit ses portes au public en 1938 et lança la revue con-nue sous le nom de "Revue du Musée Palestinien".
Le Musée est situé à l'angle Nord-Est des murailles d'Al-Qods à proxi-mité de Bâb As-Sâhira et du quartier Wâdi Al-Jawz.
En 1967, les forces israéliennes d'occupation se sont emparées du Musée et ont interdit à ses fonctionnaires d'exercer leur profession. Elles y ont débrobé les manuscrits de la Mer Morte (manuscrit Qamrân) et les manu-scrits de Tall Ad-Dowayyir. Elles ont introduit des changements dans l'exposition des objets en visant en priorité leurs propres intérêts. En outre, elles ont falsifié les explications relatives aux objets exposés, par des commentaires en hébreu. Enfin, elles ont doté le Musée d'affiches publicitaires tendancieuses.
Le Musée collectionne des objets qui remontent aux différentes époques de l'histoire de la Palestine depuis l'antiquité jusqu'à la fin de l'époque ot-tomane. Il comprend une bibliothèque dotée de livres et de documents très utiles aux chercheurs qui s'intéressent à l'histoire de la Palestine.

Le Musée islamique

C'est sur l'intiative du conseil Législatif Islamique Suprême que le Musée islamique fut construit en 1923. Considéré comme le plus ancien musée palestinien, il occupa d'abord les locaux du Ribât Al-Mansûrî qui date du règne d'Al-Malik Al-Mansûr Qalâwûn (681 H./1282). En 1929, il fut transféré à l'intérieur de l'enceinte du Haram Al-Charîf où il occupa deux salles qui constituaient un angle au Sud-Ouest de la Mosquée Al-Aqsâ.
Les objectifs de la création de ce Musée consistaient à mettre en relief et à sauvegarder le patrimoine culturel musulman, à exposer les différents objets de valeur offerts à la Mosquée Al-Aqsa et à la Coupole du Rocher et à mettre à la disposition des chercheurs, spécialistes des études islami-ques, les documents de travail dont ils ont besoin.
Le Musée islamique dispose d'une série d'objets antiques d'une grande valeur comme les bois omeyyades, des incrustations sur métaux et sur marbre, des bibelots en verre et en métal, des objets en porcelaine.

Ecoles d'archéologie
De nombreuses écoles spécialisées dans les recherches archéologiques existent à Al-Qods. C'est le cas de l'Institut Britannique des Antiquités qui relève de l'Académie Britannique. Rappelons ici que plusieurs Insti-tuts similaires sont disséminés dans le Proche-Orient, notamment à Bagh-dâd, au Caire et à Ankara.
L'Institut Britannique pour les Antiquités a entrepris beaucoup de fouilles à Al-Qods et, d'une manière générale, en Palestine ainsi que de nombreux recensements qui concernérent les monuments mamelûlk à Al-Qods dont une partie a été étudiée par l'archéologue Burgoyne.
A signaler également l'Ecole pour les Etudes Bibliques et les Antiquités, l'école Américaine pour les Recherches Orientales, l'Institut Allemand pour les Etudes Orientales, l'Institut anglo-allemand spécialisé dans les recherches archéologiques du Moyen-Age en Terre Sainte, le Fonds Bri-tannique pour les excavations en Palestine, l'Association américaine pour les recherches en Orient et l'Association juive pour les fouilles en Pales-tine.
Toutes ces institutions ont joué un rôle à la fois mystificateur et destruc-teur en ce qui concerne l'histoire et les monuments de la Palestine, à une époque où les Palestiniens étaient principalement préoccupés par la sau-vegarde de leur identité et de leurs biens et qu'ils ne saisissaient pas en-core l'opportunité des excavations pour leur cause nationale.
Associations culturelles
Diverses Associations littéraires, à visées aussi politiques exerçaient leurs activités culturelles en Palestine. Quelques-unes datent du temps des Ot-tomans comme "l'Association des Lettres Prospères" (1898).
En 1908, Khalîl As-Sakâkinî a créé une Association littéraire sous le nom de "Fraternité Arabe" (Al Ikhâ Al'Arabî). Dans une lettre adressée en 1920 à l'un de ses amis, l'écrivain Selim Sarkîss écrit à l'occasion de sa visite à Al-Qods :
"ce qui m'a surtout plu à Al-Qods c'est qu'il s'y trouve une Association littéraire dont le rayonnement dépasse de loin celui des associations de Damas ou de Jaffa. Ici les lions de la littérature fréquentent une autre spé-ciale que craignent ceux qui ne sont pas de leur étoffe. Leurs réunions m'ont été d'autant plus agréables que j'étais le premier, comme tu dois l'imaginer, à y assister et le dernier à les quitter".

Il y avait également à Al-Qods une Association du nom "Le Club Arabe" (An-Nâdî Al'Arabî). Elle avait pour principale activité l'organisation de prix littéraires appelés "Souk Okâd" (1924). Ce Club distribuait des prix aux gagnants aux concours de poésie pendant les fêtes célébrées en l'hon-neur du Prophète Moïse.

En été 1945 s'est constitué à Al-Qods "le Comité pour la Culture Arabe' avec comme objectif prioritaire la défense et l'illustration de la culture arabe. Le Comité, présidé par Moussa Ishâq Al-Husseïnî, a à son actif un nombre considérable de conférences culturelles et d'expositions de livres.

Toujours en 1945, on dénombrait à Al-Qods environ deux mille vigt-trois associations littéraires, culturelles et sportives dont la plus importante, de nos jours est celle dénommée "Rencontre Culturelle Arabe" (Al Multaqâ Al fikrî Al'Arabî). Il s'agit-là d'une association palestinienne autonome et sans buts lucratifs, dont l'objectif majeur est la promotion de la culture et de l'économie en Cisjordanie comme le suggère sa devise : "Résistance et Militantisme". Ses projets sont entièrement financés par les adhérents et par les dons inconditionnels émanant d'associations non-governementales ayant les mêmes préocupations.

L'Association "Al Mutlaqâ Al Fikrî" vise donc à promouvoir la vie économique dans les territoires occupés en se basant sur les potentialités locales, selon une sratégie qui permet aux Palestiniens de surmonter to-utes les difficultés tant sur le plan culturel qu' économique et d'exploiter davantage toutes les ressources économiques et culturelles propres aux territoires occupés.

Sur un autre plan " Al Multaqâ Al Fikrî" oriente les tâches et les activités d'autres associations oeuvrant dans le champ culturel palestinien et ce, par le biais de la coopération, de la concertation et du dialogue constructif. Elle stimule les opérations d'auto-développement à travers des pro-grammes variés, des ateliers de travail et des études scientifiques sur le terrain. Elle considère les associations existantes à vocations agricole, économique, culturelle ou sociale comme le prélude à un processus effi-cace pour opérer des changements radicaux dans la situation actuelle et comme une étape transitoire vers l'indépendance imminente de la Pales-tine.
De nombreux groupes de recherches travaillent actuellement sous l'égide de l'Association et sont specialisés dans les domaines suivants : études et recherches, la culture, l'enseignement, l'économie, l'information, l'infor-matique. Pour mener à bien sa mission, l'Association dispose d'une bib-liothèque spécialisée dans les ouvrages qui traitent des problèmes du développement d'un point de vue purement scientifique et selon une stratégie originale : celle du développment sous l'occupation. C'est dans cette optique que l'Association a effectué une étude détaillée et approfon-die sur les réalités économiques et sociales des villages du Ghor et une autre étude comparative de deux villages dont l'un compte sur une économie de consommation et l'autre sur une économie qui boycotte les produits de l'occupant.
Sur le plan culturel, les responsable de l'Association cherchent à promou-voir les potentialités des jeunes écrivains et artistes.
L'une des réalisations les plus importantes de l'Association durant ces dernières années fut la tenue du Congrès ayant pour thème : "Le dévelop-pement au service de la résistance" dont les résolutions furent publiées dans un grand volume. Des Congrès similaires seront tenus dans l'avenir.
Un coup d'oeil jeté sur le programme des activités de l'Association en 1986 montre son dynamisme et le souci qu'elle a de faire participer le plus grand nombre possible de ses adhérents.

Reste à dire que l'Association dispose d'un Bureau de trente-deux mem-bres parmi les cadres palestiniens les plus compétents dans les secteurs de l'économie, de la culture, des sciences sociales et humaines.

Les bibliothèques
Avant l'occupation, Al-Qods comptait environ quarante-neuf biblio-thèques publiques et privées. La plus ancienne d'entre elles est celle dé-nommée : "Al-Qodsî Al-Mokhliss" qui date de l'an 558 de l'ère chré-tienne. La plus récente, quant à elle, a été créée en 1944 et porte le nom de : "Qalam al-matbû'ât" (La plume des Publications).
Les autres bibliothèques les plus célèbres sont :
- La bibliothèque Al-Khalîlî (1725)
- La bibliothèque Saint-Georges (1890).
- La Bibliothèque évangélique Française des Antiquités (1890)
- La Bibliothèque Al-Khâlidiyya (1900).
- La Bibliothèque de l'Ecole Américaine pour les Recherches Orientales (1801).
- La Bibliothèque de l'Institut Evangélique Allemand (1902).
- La Bibliothèque de la Faculté Arabe.
- La Bibliothèque de l'Ecole Britannique des Antiquités (1920).
- La Bibliothèque de la Mosquée Al-Aqsâ (1927).
- La Bibliotheque du Musée Palestinien (1928).

Tout cela, bien entendu, en plus des bibliothèques privées que pos-sédaient certains intellectuels, citoyens de la ville, comme la bibliothèque de Abd Allah Mokliss, celle d'Ishâq Moussa Al-Husseïnî, de Khalîl As-Sakâkinî, celle de Aref Al'Aref… A toutes ces bibliothèques, Il faut ajou-ter celles qui appartiennent à certaines grandes familles de la ville comme la Bibliothèque Al-Housseïniyya, la Bibliothèque Ad-Dawâdiyya, la Bib-liothèque d'Abû As-Sa'ûd et la Bibliothèque d'Al-Imâm.

D'autres Bibliothèques plus récentes existent dans les Facultés de la ville.


 

 

 
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
 
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