Arabcin's Magazine
Areen
No.24 October 2001

Cinq spécialistes arabes à Areen

 
 

Concevoir les évolutions scientifiques, et implanter les techniques d'information et de documentation nécessite une formation pratique et théorique permanente..

Au cours des travaux de premier séminaire scientifique sur le document arabe, on a rencontré un nombre des participants bien connus dans le monde arabe, ils ont contribué avec vivacité dans les champs des documents et des archives, soit sur le plan de production intelectuelle théorique ou sur le plan pratique manifesté par une contribution éfficace aux conférences régionales et internationales traitant le même sujet.
Les experts que nous avons recontrés sont : Dr. Ameur Qandilgi, ex-directeur général de la Maison des documents en Iraq, professeur en matière d'information et bibliothèque à l'Université de Al Mustansiria Baghdad.
Dr. Kacem Osman Nour, doyen des Sciences bibliothèques et d'information à l'Université de Jouba - Khartoum.
M. Mohd. Bahis, Directeur Général du Centre des archives nationales palestiniennes M. Imad Abou Aid, Directeur de la Bibliothèques de Adel Hamid Shuman (Jordanie) et le Président du Section du Arabcin en Jordanie.
M. Moustapha Ariche, Directeur d'échanges et du développement dans la Directrice Générale des Achives algériennes.
Nous proposons dans ce numéro trois (3) interviews (M. Qandilgi), M. Nour, M. Bahis) et dans le prochain numéro on publiera les autres.

M. Ameur Ibrahim Qandilgi- Iraq

A: Nous observons qu'il y a une confusion entre les différents concepts (documentation, archives) comment peut-on définir le document? Et peut-on éclairer son rôle dans le processus historique des nations?
M. Qandilgi:
Le terme "document" en général, désigne toute source d'information quelque soit sa forme. Mais lorsqu'on parle du document au sens d'archives nous désignons à ce moment là, les documents conservés dans des centres d'archives, donc le document d'archives porte des informations historiques et juridiques ces informations étaient une foi une matière vitale entre les individus et les institutions et entre les institutions elles- mêmes.
Il faut noter dans ce contexte que le terme "archives" est un mot d'origine gréque et il désigne les sources d'information utilisées par les individus et les institutions, ces informations sont qualifiés d'une valeur juridique ou politique.
A: M Quandilji, pouvez- vous nous parler des caractères des documents arabes?
M. Qandilgi:
Dans le vrai sens, nous ne trouvons pas des caractères spécifiques pour les documents, mais nous parlons de la richesse et la diversité culturelle et scientifique de la civilisation arabe depuis des milliers des années, et à ce moment là les documents arabes occupent une place majeure dans l'histoire humaine.
A: Il y a des voix aujourd'hui qui indiquent que le rôle de documentaliste est dévalorisé à cause des nouvelles technologies…
M. Qandilgi:
Absolument non, le rôle de l'être humain restera toujours inevitable et décisif, c'est le documentaliste qui va traiter les documents et c'est lui qui va dicter l'importance des documents, et qui va rédiger les résumés…
Nous pouvons dire donc que les technologies modernes- y compris les technologies digitales- ont développé le rôle du documentaliste, comme un être humain.
A: Le musée de L'Ouvre, par exemple, renferme une collection magique des objets appartenant aux villes légendaires tel que Mari, Babilon, comment peut- on activer la mémoire des générations de ce que doit la culture humaine aux arabes?
M. Qandilgi:
Effectivement, il faut agir dans tous les sens pour mettre en vigueur une conscience collective chez nos générations actuelles et futures de l'importance de notre civilisation pré- Islamique et islamique et dans tous les domaines scientifiques, culturels etc...
A: Vous avez participé au 1er séminaire du document arabe. Pouvez- vous nous parler de vos impressions.
M. Qandilgi:
Le séminaire représente une grande importance sur le plan personnel, je remercie bien dans cette occasion Le Club Arabe d'Information et Le Centre National d'info pour ces énormes efforts. Je croie que le Club Arabe d'Info a pu construire un nœud très fort pour une base scientifique en faveur des spécialistes arabes au domaine d'information, il faut agir maintenant pour activer les résultats scientifiques et pratiques du séminaire.

Kacem Osman Nour Sudan

A- Pouvez vous M Nour, nous parler de vos impressions autour le 1er séminaire scientifique du document arabe ?
Nour: je note d'avantage que cette initiative proposée par le Club Arabe d'Info est qualifiée de majeur approbation par les documentalistes et les archivistes arabes, le plus important dqns ce contexte.ce sont les circonstqnces qui ont engendrée ce seminaire, c'est la célébration de la journée du Document Arabe, le 17 Octobre comme une journée annuelle arabe, cette occasion a prouvé que le Club Arabe d'Info joue aujourd'hui le rôle motrice dans les activités des archivistes et des documentalistes arabes, et cela explique notamment la decision de l'adoption de cette journée prise par l'Organisation de la Ligue Arabe pour l'Education, La Culture et les Sciences (ALECSO).
Le papier scientifique que j'ai presenté au seminaire, a traité les premiérs documents arabes au Sudan et on a fait une comparaison structurelle et méthodique entre les differents documents, on a constaté une uniformité profonde entre ces documents, cette rassemblance est expliquée par l'uniformité des écoles arabo-islamiques en matière de méthodologie, ce phenomène a donné une spécificité a la documentation soudanaise en général.
A- M. Nour, pouvez-vous nous donnez une définition bien determinée pour le document.
M. Nour:
mon avis, je crois que la définition du document ne sera jamais limitée, parce qu'il est evident, que dans les champs des sciences humaines on ne trouve jamais des déterminations qui sont pareilles à ceux des sciences exactes, mais en tout cas, nous pouvons definir le document comme le suivant : le document est toute matière renfermant des onformations ecrites, visielle ou auditive.
A : Nous entendons de temps en temps d'un processus historique des archives à la civilisation arabo-musulmane, pouvez vous nous parlez de ces archives et ce processus en bref ?
Mr. Nour:
les arabes ont connu la structure administative dés l'âge des premiers califes, Omar ben Al Khatab, c'est le premier calife qui a inventé un circuit administratif pour le jeune Etat arabe environ les années vingt de l'hegerie. Il a construit le registre et le corps de l'armée, et une dévision administrative specialisée en conservation des archives. Après l'expansion de l'Etat arabo-islamique, les califes ont donné une grande importance aux rédacteurs et aux " archivistes " ceux qui gérent le circuit de courrier. Il faut noter dans ce contexte que ces fonctionnaires étaient l'élite intellectuelle à l'epoque.
A : M. Nour, la Maison Nationale des Documents en Sudan est l'une des plus anciennes institutions des archives et des documents dans le monde arabe, forme-t-elle aujourd'hui un pivot pour les documentalistes arabes ?
M. Nour:
En point de vue historique, la Maison Nationale des Documents en Sudan était la 2ème institution de son genre dans le monde arabe aprés la Maison Nationale des Documents en Egypte, elle est donc fondée à Khartoum en 1916, à l'époque du mandat britanique, nommée dans ce temps par : " la Bibliothèque des Archives " elle avait comme but la conservation des archives du gouvernement on a ajouté après une période les archives d'etat de sonnar et " l'Etat de Mahdi " et " l'Etat de l'or ", cette bibliothèque était dérigée par un britanique qui s'appele M. Holder en premier temps puis Md. Ibrahim Abou Salim qui a fait des grands efforts au cours de 40 ans pour developper la structure et les activités de cette Maison, nous nous souvenons bien que la Maison National des Documents en Sudan a joué un rôle très important lors des négociations entre l'egypte et les occupants israélites pour l'affaire de " Taba ".
La maison a joué aussi un rôle très important pour former les jeunes archivistes en Sudan et ailleurs.

M. Mohammed Bahis- Palestine

A: Il est évident que le secteur des archives et de documentation souffre- comme les autres secteurs- de beaucoup de problèmes causés par l'occupation israélienne, pouvez- vous nous citer la situation actuelle?
M. Bahis:
Comme vous avez noté le secteur des archives en Palestine occupée souffre depuis longtemps des majeurs problèmes, 1erment les archives de la Palestine occupée sont dispersées tel que le peuple palestinien qui est aussi dispersé dans le monde.
2ément- La violation permanente des documents palestiniens par les forces d'occupation israélienne. Comme vous savez les israéliens font beaucoup d'effort pour manipuler les vérités sur terre, et pour détruire la mémoire de notre peuple et pour atteindre ces buts, il faut donc détruire les documents, les manuscrits, les monuments historiques…
Je note dans ce contexte que les documents conservés dans les institutions islamiques ou chrétiennes en Palestine sont assurés et bien gardés.
A : Vis-à-vis la violation israélienne de la mémoire de la Palestine et du peuple palestinien, Quel est le rôle des institutions des archives régionales et internationales?
M. Bahis:
Il est très claire pour tout le monde que Israël rejette toutes les résolutions et les propositions des organisations gouvernementales et O.N.G. donc le rôle de ces institutions n'a jamais atteint ses buts.
En tout cas, les institutions de l'Organisation de Libération Palestinienne (OLP) ont joué un rôle très actif dés les années 1960, pour faire face à l'agression et à la violation israélienne, et pour maintenir les droits fondamentaux et légaux du notre peuple, dans ce contexte L'O.L.P. a inventé des institutions spécialisées en matière des archives et de documentation dans la Palestine occupée et ailleurs dans les pays arabes et dans le monde.
A: Dernièrement Israël a pillé la Maison d'Orient à Al Qods (Jérusalem) quelles sont les circonstances de cette violation?
M. Bahis:
Le Pillage et la violation de la Maison d'Orient- comme un symbole de l'identité palestinienne à Al Qods- est considéré comme une continuité prévue de la politique d'oppression et d'occupation israélienne.
Alors il n'y a pas un nouveau sur ce plan, Israël a fait tout ce qui est possible pour humilier notre peuple et détruire sa mémoire, mais elle n'a pas pu détruire notre volonté et nos droits historiques concrétisés par des milliers des documents et des milliers des monuments et un géant héritage culturel et linguistique oral.
A la maison d'orient, Israël a violé des documents très précieux et rares concernant la ville sainte et ses citoyens, ces documents montent à l'époque ottoman et sous mandat britannique et à l'époque contemporaine.
On a protesté chez un grand nombre des organisations internationales telles que L'UNESCO, le Conseil International des Archives pour une campagne internationale afin de mener une chaîne de pression contre le gouvernement israélien afin de récupérer nos documents.
A: Les mécanismes de coopération et de coordination en matière de documentation entre les institutions arabes spécialisées, est- elle suffisante?
M. Bahis: Certainement il faudra des grands efforts et des grands manœuvres pour atteindre une situation parfaite au domaine de coopération entre institutions arabes spécialisées en matière de documentation et des archives, et je croit sincèrement que le séminaire du document arabe constitue une vraie tentative sur le bon chemin.

M. Imad Abou Aid (Jordanie)
 
A: M. Abou Aid, vous avez participé aux activités du premier séminaire du document arabe, pouvez vous nous parler de vos impression?
Abou Aid: sur le plan organisationnel, je crois qu’il est parfait, et dans ce contexte je remercie bien le C.A.I. et le NICE pour cette initiative créative, et surtout ce qui concerne la déclaration d’une journée annuelle pour le document arabe et sur la plan de la participation, il est evident qu’on a vu une participation massive et diverse, plusieurs experts de differents pays arabes ont enrichi ce polémique scientifique, on a remarqué aussi la présence massive des interressants, des chercheurs et des étudiants, ce qui a donné au symposium un grand succés.
A: Avez vous présenté des propositions déterminées au symposium?
M. Abou Aid: Certainement, les questions de la documentation dans le monde arabe concernent tous les pays arabes, d’une part, il faut donc organiser ce genre de symposium successivement dans les capitales arabes pour mobiliser les potentialités à une manière active; D’autre part il faut élargir notre champ de communication avec les Institutions spécialisées en matière d’information et de documentation, renforcer les efforts déployés dans le domaine de publication, donner une importance majeure aux technologies d’information et de communications.
Ces volets nous forment une base d’appuie très forte pour consolider le secteur d’information dans le monde arabe.
A: Quels sont les grands défis qui font face aux efforts menés par les institutions arabes spécialisées?
M.Abou Aid: Sans doute les probléme de nature technique et les problémes liés à la question de formation du cadre humain spécialisé, si nous pouvons déborder ces deux problèmes je crois que le secteur de la documentation dans le monde arabe sera bientôt dans le bon chemin, il est evident, pour atteindre ce but, il faut agir pour consolider tous les axes de cooperation et coordination entre pays arabes et il faut aussi envisager les profits que nous pouvons gagner d’une ivestissement dans le secteur d’information.
 
M. Moustapha Arriche (Algerie)
 
A: M. Arriche, vous avez participé aux activités du premier séminaire du documnent arabe, Pouvez- vous nous évaluer le rôle prétendu de ce séminaire en faveur de l’activation des élément de documentation dans le monde arabe?
M.A: Tout d’abord, il faut bien exploiter ces rencontres qui doivent être périodiques, portant des thèmes variants sur le volet de la documentation, avec une participation massive des experts arabes, à ce moment là, il faut consolider l’échange des idées, des expertises, et améliorer l’idée de cooperation entre pays arabes en matière de documentation, et surtout avec ceux qui ont atteindu un progrés remarquable dans ce domaine.
Pour cette raison, il faut mobiliser nos efforts pour renforcer et approfondir les aspects scientifiques de ces rencontres, pour être dans la bonne voie du développement et du progrés.
A: Que peut- on faire pour être dans la bonne voie?
M.A.: Il faut investir dans le domaine de la formation scientifique et professionnelle. Et dans ce cadre, il faut se profiter des organisations internationales et régionales qui travaillent dans les champs d’information et de documentation, je crois, que la plupart des pays arabes n’ont donné aucune importance au sécteur de la documentation, ils se sont interessés aux questions économiques sans savoir que l’information et la documentation représente le pivot vital pour une vraie économie. Or le progrés et le développement d’un sécteur d’information actif doivent être soutenu par une formation et une formation continue des potentielles humaines.
A: Que pensez vous de la réalité actuelle de cooperation entre pays arabes?
M.A.: Actuellement, il faut parler premièrement de la responsabilité des pays arabes avancés dans ce domaine, ces pays doivent soutenir les autres en matière de formation et d’échange d’information et d’expertise, je cite ici l’exemple de la Tunisie, de l’Algerie de l’Egypte et de l’Arabie Saoudite, mais il y en a d’autres pays qui souffrent d’une incapacité sur ce plan scientifique et matiériel. En second lieu, il faut moderniser les lois, les régles et les législations concernant les documents dans les pays arabes, soit pour faciliter la consultation des fonds par les chercheurs et les étudiants, ou pour affirmer l’importance du document et son rôle.
A: L’héritage documentaire dans le monde arabe est très riche, très divers, et cette diversité lui donne une place unique dans le monde. Comment peut- on exploiter cet héritage pour envisager les aspects culturels et civilisataires de la nation arabe?
M.A: Avant tout, il faut agir pour maintenir notre héritage documentaire, et il faut l’indexer, et le mettre au service des chercheurs et des étudiants à l’aide des technologies d’information et de communications à ce moment là on peut envisager ces aspects.
Il est evident que ce projet nécessite un grand budget, mais ce qui est evident aussi que le développement de nos sociétés nécessite aussi une large base d’information.
A: M.Arriche, pouvez vous nous donner une idée générale sur la réalité du secteur des archives et de la documentation en Algerie?
A.M.: Pour ce qui concerne la documentation en Algerie, je crois que ce secteur est entré dans sa deuxième phase, la première est caracterisée par l’implantation et l’édification des immeubles convenables pour conserver les archives, la deusième phase est consacrée d’une côté à inventer les régles et les legislations modernes afin d’organiser les mécanismes archivistiques, et d’autre côté on a travaillé pour la formation locale du cadre humain pour accomplir les taches destinées.

 


 
 
 

 

 

 

 
 
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